INFORMATIONS ALZHEIMER
Ma philosophie sur l'approche vis-à-vis des personnes atteintes de la maladie :
La maladie d'alzheimer n'est qu'une maladie. C'est cependant une maladie qui interroge sur des questions fondamentales comme l'identité humaine, la personnalité, les relations familiales, le passé et l'avenir.
Avant toute chose il faut garder son bon sens et sa sensibilité. La personne que nous avons en face de nous semble devenir une étrangère c'est aussi parce que nous projetons ce que nous avons vécu avec elle.
Ne pas vivre dans le passé avec la personne que l'on aime et dont on prend soin, mais vivre au présent avec les gestes de quelqu'un qui prend soin de quelqu'un d'autre. Il s'agit d'un acte d'amour continu.
J'ai rencontré à Sainte-P. , le mari d'une voisine de chambre d'une personne que j'allais visiter régulièrement. Il venait déjeuner chaque jour auprés d'elle. Chaque jour il débouchait une bouteille de champagne et invitait les personnes qui s'occupait d'elle. Et chaque jour elle déjeunait avec ce drôle d' homme bien sympathique et qu'il lui faisait la cour d'aprés elle. Pour elle c'était maintenant devenu un jeune prétendant . Ce n'était pas un mari qu'elle avait épousé il y à 50 ans, mais juste un mari au présent.
N'évoquez pas les habitudes ou les souvenirs qui vous font mal avec les personnes qui ne s'en souviennent pas de la même manière que vous. Allez voir des personnes qui sont à même de vous écouter pour cela.
Vivez le quotidien, faites de votre présence avec votre proche une activité à but immédiat. Et surtout positivez, les actions que vous faites avec la personne, ou que la personne réalise par elle même.
Je me suis toujours demandé ce que je serai, si un jour cette maladie m'approchait. On sait qu'elle perturbe ce que nous étions ; parfois les gentils deviennent méchants et les méchants des gentils (j'ai connu un cas de ce style). Une chose est certaine, c'est que je deviendrai trés méchant si on me gagatise. Je ne veux pas que l'on me considère comme un gentil papy à qui on donne une gentille caresse. Je veux que l'on m'intéresse encore à ce qui m'entoure. je veux que l'on me donne de la nourriture qui soit bonne. Je veux que l'on me laisse fumer si j'en ai envie, je veux que l'on me laisse boire si j'en ai envie. Je veux qu'on me laisse mon rythme de vie : celui qu'instinctivement mon corps aura choisi de vivre.
Pour cela, je vous invite à partager les idées de Mme Nicole Poirier sur son site internet et à en parler autour de vous.
Cette grande dame canadienne a créée une maison de retraite pour les personnes Alzheimer trés originale. Son expérimentation fait des petits. Sa maison s'autofinance elle ne souhaite pas de crédits de l'état. Car l'état implique une réglementation coercitive sur les personnes alzheimer.
Avez-vous visité une maison de retraite avec une section spécialisée personne atteinte de la maladie Alzheimer ?
Moi, oui. Et pas trés loin de chez nous et une maison des plus neuves. Superbe endroit plein de bonnes volontés et de gagdets. Et tout fièrement, la responsable vous emmène au sous sol. Elle vous fait un code et une double porte à battant s'ouvre électroniquement. Derrière c'est la cour des miracles. Vous venez visiter un batiment tout neuf et vous arrivez dans une unité de soins avec deux infirmieres pour 20 à 25 patients. L'avantage des portes fermées c'est qu'elles permettent de compresser le personnel. Nous étions dans une vraie prison. Le problème ne faisait que s'accentuer n'importe qui dans un espace confiné deviendrait fou. Un malade d'Alzheimer qui a besoin d'amour et de patience plus que tout ne peut que se sentir apeuré. Que dire de cette maltraitance psychologique dans ce cas là et que dire des cachets de tranquilisants que l'on donne à dose légère pour permettre aux soignants de souffler.
Personne n'a le droit d'être enfermé parce qu'il est atteint de la maladie d'Alzheimer.
Je me bats pour que les personnes atteintes de cette maladie reste le plus longtemps chez elle et qu'aprés elle puisse être suivie dans des unités qui prennent en compte l'humanité de la personne en évitant de les contraindre.
L'expérience de Mme Nicole Poirier devrait être étendue à toute les maisons de retraite de France car pour une fois la France est à la traîne en matière de prise en charge humaine des patients atteints de cette maladie.
Charles Hubert Seroude webmaster@modulo-services.com